vendredi 24 décembre 2010

jeudi 23 décembre 2010

vendredi 17 décembre 2010

Thomas


Médianoche

C’est l’heure des belles

Sur les pavés gras

Cliquettent

Les talons d’acier.

-

Simon


Entre deux écluses

Sur le canal

Où règne l’ombre,

Songe la péniche :

On lui a volé

Son horizon.

-

Pierre


Tout juste le trouble

D’une errance

Hors saison

-

Philippe


Dans la gare mélancolique et froide

D’un jour de pluie

Ulysse des quatre vents

Foule de ses godillots fatigués

Le mâchefer bruissant.

-

Matthieu


Sourire de l’ondée

L’escargot bave sur l’écorce

Tendresse séculaire.

-

Matthias


Sourire de janvier,

Près de l’âtre

Rêve, feu, fumée et cendres

À la frontière du sommeil.

Le carrousel de feu berce l’enfant .

-

Jude ou Taddée


Une ramille de sapin

Ruisselante de pluie

Prend l’hiver à l’improviste.

-

Judas


Fragrance de glycine –

Une jeune fille,

Dans l’encoignure d’une porte,

Sourit aux abeilles.

-

Jean L'Evangéliste


Frissonnante la mer –

Une coque glisse

Vers le large.

-

Jacques le Mineur


Frimousse radieuse

D’une enfant

Jetant sa pierre

Dans la mare.

-

Jésus


Jour de mirages

Aux frontières de la nuit

Une fête lointaine

Embrase l’autre rive.

-

Jacques le Majeur


Cumulus léger entre mer et soleil -

L’ombre,

Glissant sur la vague.

-

Barthélémy


Soir d’octobre

Le vent de passage

Emporte mon poème court.

-

André


Ciel grimé de Saint Nicolas

Terne et gris comme ardoise

Qu’un oiseau noir de son vol a rayé.

-

dimanche 28 mars 2010

La catastrophe


La catastrophe






vous qui avez ramené la destinée de l’homme

à la recherche du profit

de l’argent

et du sommeil confortable

ces quantités de choses qui vous entourent

et font la trame même de votre existence

vous ne possédez rien

vous méritez la catastrophe qui vous guette






Pierre TILMAN

lundi 22 mars 2010

Métempsychoses.


Métempsychoses.

Ø

Dans l’ occulte cénotaphe de roche altérée

Tel le ballet rituel du géotrupe stagnant

Absorbé sous l’humus épais et qui suinte

Il repose agonisant et fantasque

Sa pensée décrit

Fiévreuse et étrange

De curieux et magiques récits

Narrant des morts discrètes

Des songes fastueux

Des beuveries royales

Des forêts englouties

Imputrescibles

Des cranes nécromants exhumés de la glaise

Mémoires souterraines

Masques glauques d’Anges jaillissant

De cryptes et de tombeaux.

Ø

Le poireau assiégé.


Auprès d’un poireau blafard

Qu’assiègent des fourmis

Une chenille trépassée

Expressionniste et froide

A suspendu son voyage.

Je crie la baie rouge et vénéneuse


Je crie la baie rouge et vénéneuse

-Fruit carminé archangélique et blasphématoire-

Du chèvrefeuille vernal

Je crie : minuit noir !

Lanterne écarlate !

Je crie sous la pluie mon atavisme de vieux sanglier

Je crie la terre et son odeur de cimetière mouillé

Je crie la fulgurance de l’épervier

Voleur d’œuf

Je crie le vent souffrant

Mémoire invisible

Je crie la déficience de l’ombre

Des fagots dans la cour

Et la beauté mystérieuse du signe

x

Gravé dans la pierre

Gouffre sans fond


Gouffre sans fond

Sycophante mémoire

Je chante aujourd’hui

Ici

Le tournis banal

Des obscurités cristallines et froides

Je chante ces nuits en patchworks

Secrètes et chastes

Où sans visage ni masque

Je dansais jusqu’à l ‘aube

Des tangos de banlieues.

Méduses mouvantes aux masques mirifiques


Méduses mouvantes

Aux masques mirifiques

Pourléchant l’onde

Apparences zigzagantes et pellucides

Aux rencontres

Des huiles émeraudes

Vomies

Par les bateaux

Convulsives et flasques formes blêmes

Hirsutes et occultes consciences imprécises

Fragiles et vagues

Telle des argentines

Bulles de savon.

Je pleure


Je pleure sur mes veilles étrangères

Au bout des nuits givrées transies

Je pleure les légendes amérindiennes

Les saisons torrides les orages mous

Je pleure

Je pleure l’herbe ambrée des périphéries suburbaines

Liserons de chiens où échouent les grillons

Je pleure le navire au giron pataugeant dans le bleu illimité

Farci d’ étrangers désabusés

Insensibles à leur fortune cachée

Je pleure

Je chante les tôles rouillées


Je chante

Je chante l’anecdote

Les diamants broyés et les bidons perpétuels

La Vie longue qui s’enlise.

Je chante les tumultes millénaires

Et un Dieu qui perd pied dans les envasements des siècles

Je chante

Je chante les tôles rouillées indigences de ferrailles

Clochardes éparpillées

Trouées de déchirures

Où le vend froid fugitif

Siffle son timbre de sirène fanée

Je chante l’abîme d’Ulysse sur la route d’Ithaque

Au fin fond des détroits si lointain de Jadis

Je chante

Je chante les mouches éphémères et les étoiles fantasques

Les voyages manqués brisés dans les gares

Je chante l’asphalte où courent les innocents

Les rues de hasard bouleversantes dans leurs rencontres furtives

Je chante

Je chante les couteaux arrogants ensanglantés

Abandonnés dans les terrains vagues.

Je chante les pathétiques draps malpropres de l’anonyme migrant.

Je chante la jalousie cérébrale du danseur de charme

Je chante la brume mobile dans les ruelles et la bruine qui pointille les trottoirs

Je chante

Je chante l’angoisse grise au goût de fer

Je chante le rayon nocturne et sa quiétude infinie

Je chante la putréfaction de la mare et le chant des grenouilles

Je chante

Je chante le vide farouche de leurs destins aquatiques

Je chante aussi leur bonheur verdissant

Tournant à l’orangé quand dérive le soir.

Je chante

Je chante la jeune fille mélancolique qui se console

-Intime index humide et tâtonnant-

Auprès de la lampe

Je chante le vénérable et inaltérable

Graffito érotique tracé sur le mur

Je chante

Je chante enfin la pourpre souillure du sang du moustique écrasé

Et la goutte d’eau exacte qui pleure de l’œil du robinet.

Je chante

Angoisse subtile et fugitive démence


Angoisse subtile et fugitive démence

Pénombre dormante indéfinissable

Brume tour à tour

Hivernale et hors saison

Ô Vie si brève et latente

Destinée originale d’une contrée à la lumière pâle

Où je marche marche marche

Silhouette incendiée par le soir déclinant

C’est le temps des visages d’enfants

Transparents et obliques

Faces maigres et pâles

Comme des chemins enneigés.

vendredi 5 février 2010

Cet inaccoutumé migrant


Cet inaccoutumé migrant

-Sombre saltimbanque-

Nous appelle aux voyages silencieux

Litanies nocturnes et sensuelles

Musiques de proie

&

Nuits hurlantes

Dansotant dans les lisières où les roseaux frissonnent

-Et en amont des songes-

Sa forme se dessine

Ange chimérique ténébreux aux ailes de mousse

Il erre dans la splendeur pourpre

&

Luxuriante des enfers.